Culte de Pâques - Jean-Luc Trachsel



Le dimanche de Pâques, l'église d'Oron a accueilli Jean-Luc Trachsel, un orateur de « renommée mondiale », qui a pris la parole. Il a commencé par lire Marc 16, verset 6, qui fait partie du récit dans lequel Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé se rendent au tombeau avec des aromates pour oindre le corps de Jésus. Un ange leur annonce alors que Jésus de Nazareth est ressuscité et ne se trouve plus dans le tombeau. Il a ensuite lu Philippiens 3, versets 8 à 11. Puis, il a prié le Saint-Esprit de répandre son onction sur chacun et sur lui-même. Je trouve étrange qu'un soi-disant chrétien prie de cette manière. Ne sommes-nous pas déjà oints et remplis du Saint-Esprit ? Oui, nous devons chercher à être rafraîchis dans l'esprit par le Saint-Esprit, et son but principal est de nous aider à nous concentrer sur le Christ. Il est notre aide. Il n'est pas notre majordome que nous commandons à notre guise.

M. Trachsel est un orateur hors pair qui sait captiver son auditoire et le faire réagir. Il raconte d'abord l'histoire bien connue de Pâques et de la Semaine sainte, puis explique que le troisième jour est un jour prophétique qui, selon lui, a été prédit par les prophètes et constitue une promesse pour nous aujourd'hui. Il cite ensuite un passage d'Osée 6, verset 2. Ce passage, comme le dit un commentateur, « est une prophétie obscure de la résurrection de Jésus le troisième jour »..

C'est une bonne référence, bravo à Jean-Luc, mais ce qui suit réduit à néant tout le sens de Pâques.

Avec quoi compare-t-il l'ensemble de l'expérience de Pâques : l'arrestation, les interrogatoires, la torture, le chemin de croix vers le Calvaire, la crucifixion, l'ensevelissement et la résurrection ? Et surtout la résurrection. Il dit qu’il y a peut-être dans votre vie des situations qui semblent sans issue, des périodes qui semblent bloquées, des combats trop lourds à mener ou des attentes qui semblent s’éterniser. Le message de Pâques, la résurrection de Jésus-Christ, c’est, selon Jean-Luc Trachsel, qu’avec la foi, ce qui semble définitif pour l’homme ne l’est jamais pour Dieu. Il poursuit en se moquant des déclarations doctrinales de deux mille ans de christianisme qui proclament les vérités de l’Écriture. Il veut connaître Jésus-Christ et la puissance de sa résurrection. Étrange, car ne l’a-t-il pas déjà expérimentée à travers la résurrection de son être mort en naissant de nouveau ? Car l’Esprit qui a ressuscité Christ d’entre les morts a également ressuscité ceux qu’Il connaissait d’avance pour une vie nouvelle. Telle est la puissance de la résurrection de Jésus-Christ.

Il se moque de la connaissance doctrinale, mais il respecte les traditions. Étrange déclaration. On dirait qu'il est complètement hors sujet. Il évoque les églises danoises vides à Pâques. Il prie pour qu'un réveil se produise au Danemark. Il dit vouloir connaître le Christ, l’onction de Dieu. Pour connaître le Christ, il faut étudier sa parole. Les expériences ne valent rien, car elles sont personnelles et invérifiables. Jean-Luc s'appuie beaucoup sur l'expérience. Il est très pragmatique, et cela transparaît dans sa façon de parler. Il veut faire l’expérience de « l’onction ». Tout tourne autour de l’expérience. Et le Christ n’est qu’un moyen d’arriver à cette fin : faire une expérience. Connaître le Christ, c’est étudier sa parole, la lire et la méditer.

Jean-Luc ne parle pas de la résurrection, ni de ce que le Christ a accompli par la résurrection, ni de ce que nous avons reçu grâce à la résurrection. Il est tellement obsédé par l'expérience qu'il manque complètement de rendre gloire au Christ pour ce qu'Il a fait en faveur de ses élus.

Il a un problème avec la théologie, alors qu'il professe des doctrines et des principes théologiques. Il critique la réflexion intellectuelle, mais utilise son intelligence pour exposer ses théories. Étrange, non ? Il affirme que son meilleur ami est le Saint-Esprit. Encore une fois, c'est étrange ! Jean-Luc comprend-il la Trinité ? Que le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne font qu’un ? N'est-il pas également étrange de dire que son meilleur ami est le Saint-Esprit, ce qui ferait de Jésus son deuxième meilleur ami ? Et Dieu le Père ? Tout son discours est manipulateur et théologiquement corrompu. La puissance de la résurrection qui a ressuscité le Christ d’entre les morts est déjà à l’œuvre en nous, chrétiens, par le Saint-Esprit.

Pourquoi Jean-Luc assimile-t-il la crucifixion aux épreuves que certains traversent ? Pourquoi ? Les souffrances du Christ étaient atroces. Dans le livre d'Ésaïe, il est écrit que personne ne tournerait son regard vers lui. Il était nu sur cette maudite croix. Il avait une couronne d'épines sur la tête ! On lui a transpercé la côte avec une lance. Et Jean-Luc veut dire que peut-être vous avez eu une mauvaise journée, que vous avez été trahi ou blessé, que vous avez reçu un diagnostic médical ou que vous avez essuyé un échec, et que vous entrez dans le « samedi silencieux », comme il l’appelle. Quelle comparaison est-ce là ? Comparer ma mauvaise journée ou mon diagnostic médical à la souffrance du Christ en ce vendredi horrible n’a aucun sens. Le Christ n’est pas mort pour que nous puissions passer une bonne journée ou pour n’importe quelle autre raison absurde que Jean-Luc invente.

 Il soulève certes des points intéressants, comme le fait que la mort du Christ visait à effacer le péché, mais cet évangile édulcoré est, selon moi, embrouillé par un charabia narcissique qui fait qu’il se donne du mal pour rien.

En fin de compte, je préfère écouter un pasteur de l'Église protestante traditionnelle, qui s'égarera peut-être une ou deux fois, mais qui restera fidèle au sujet qui nous occupe : la résurrection de Jésus-Christ, plutôt que de s'égarer dans des digressions sans intérêt.

Commentaires